LE LIVRE DE MICHEL ZIRGER ET MAURIZIO MARTINELLI

"Extraterrestres, le contact a déjà eu lieu" sous-titré "la vie de George Hunt Williamson" écrit par Michel Zirger et Maurizio Martinelli et édité en mars 2015 par JMG editions à Agnières, est la version française d’un ouvrage déjà édité auparavant en italien et dont une version anglophone semble également annoncée. Cet ouvrage se voudrait exemplaire et définitif à propos de George Adamski et George Hunt Williamson. Hélas il est loin d'atteindre de tels objectifs !

Dès la troisième page du premier chapitre de l’ouvrage, Michel Zirger écrit : " C’est lui (Williamson) qui sans l’accord explicite d’Adamski, décida d’aller, avec sa femme et les Bailey, raconter leur aventure à un quotidien régional de Phoenix en Arizona et de confier au staff deux des clichés pris par Adamski censés montrer l’arrivée de la soucoupe." Or cette affirmation est en totale contradiction avec le récit d’Adamski auquel Zirger se réfère pourtant et dans lequel on peut lire que sur les lieux mêmes du supposé contact avec le Vénusien, "George (Williamson) and Al (Bailey) asked permission to give a report to an Arizona paper and I (Adamski) granted it. But to substantiate their report, I gave them a couple of the holders with exposed film in them for the paper to finish and use, if they so desired." Par la suite, Michel Zirger citera plusieurs fois des textes et des paroles d'Adamski sans en donner leur provenance, sans les dater et sans les situer dans un contexte historique et géographique. En page 74, Michel Zirger avoue le parti-pris qui lui tient lieu de méthode en écrivant : " Pour notre part, nous ne mettons pas en doute a priori la sincérité de George Adamski et des six personnes qui l’accompagnaient ce jour-là, parmi lesquelles le futur auteur spiritualiste George Hunt Williamson. Nous nous plaçons donc dans l’hypothèse où ces traces ont été faites par un être humain venu d’un autre monde. Ce sera notre postulat de départ." Voilà d'emblée qui permet aisément de se rendre compte que ce livre-là n'a aucun rapport avec une étude historique solidement argumentée.

Discutant des circonstances dans lesquelles les "empreintes du Vénusien" furent moulées et photographiées, Zirger écrit (pages 63-64) que ces photos ne furent publiées pour la première fois qu’en 1956 dans un livre de Williamson et que cela "renforce encore la pression (sic) de crédibilité des événements du 20 novembre 1952." Et il explique pourquoi : "En effet, pourquoi garder de telles preuves pendant 4 ans, s’il ne s’agissait que d’une supercherie ? Et pourquoi toute cette mise en scène photographique si le principal intéressé, Adamski, n’en tire aucun profit ? Car il n’utilisa aucune de ces photos, et n’en parla même jamais." L’argumentation n'a guère de poids car ces photos ne prouvent qu’une chose : il y avait des empreintes dans le sol, mais rien qui put indiquer qui les avait faites ! Poursuivant, Zirger conclut (page 69) que les photos des empreintes et du pique-nique dans le désert (dont les ombres attestent de l’heure où elles ont été prises) recoupent TOTALEMENT (c’est moi qui souligne) le récit du contact tel qu’il fut rapporté peu après dans la Phoenix Gazette. Ensuite de quoi, Zirger dresse la liste des "preuves" faisant de ce cas, selon lui, un "cas parfait" : 1)six témoins qui ont signé des attestations sous serment devant des notaires, 2)des photos de l’engin et des empreintes de pas de son pilote et, enfin, 3)le rapport officiel d’un pilote de l’US Air Force qui signala avoir vu un ovni au-dessus d’une zone proche de là... " Or, les photos dont il parle ne prouvent en réalité qu’une chose : que ces gens se trouvaient bien là où ils le dirent, ce jour-là ou un autre. Sans plus. Quant au fameux rapport officiel qui est signalé, l’Air Force démontra qu’il n’avait aucun lien avec le récit d’Adamski puisqu’il concernait un incident qui s'était produit dans un tout autre secteur. Zirger qui a lu mon dernier livre en date sur le sujet (voir plus loin) ne peut l'ignorer.

Répétant ensuite la fable souvent dénoncée selon laquelle Williamson emportait toujours avec lui un sac de plâtre sur ses zones de recherche (page 79), et reprenant à son compte les supputations que cet anthropologue amateur proposa dans son livre Other Tongues Other Flesh paru en 1956, Zirger écrit que Williamson a parfaitement démontré que les symboles figurant sur les semelles du Vénusien faisaient explicitement référence à la vision d’Ezechiel qui concernait... une soucoupe volante type Adamski (page 88). Commentant une des photos des empreintes, Zirger ajoute que l’on y voit bien trois barres qui "pourraient symboliser notre Terre, planète de la troisième orbite, ou encore sur un plan messianique, la résurrection de Jésus-Christ après trois jours" (page 64). Et de conclure, magistralement : "si tout cela ne fut qu’une plaisanterie fomentée par un petit vendeur de hamburgers, avouons qu’elle était d’une profondeur géniale sans équivalent" (Page 69). Concernant les trois barres pouvant symboliser tant notre planète que la résurrection du Christ, je laisse à mes lecteurs le soin de juger de la pertinence de cette assertion, mélangée à tant d’autres du genre dans l'ouvrage. Quant au reste, c'est-à-dire l'assimilation de la vision d'Ezechiel à celle d'un ovni, je me contenterai de rappeler que les spécialistes des questions bibliques savent que la description faite par le prophète Ezechiel n'était pas autre chose que celle du système cosmogonique des Chaldéens. J’ai expliqué cela en long et en large dès juin 1977 dans le premier numéro de la Revue des Soucoupes Volantes publiée par mon ami Michel Moutet en m'appuyant sur divers ouvrages érudits dont les premiers remontaient au XVIIIe siècle. La compréhension exacte du texte d'Ezechiel n'est donc pas récente et cela signifie beaucoup de choses quant à ceux qui en fournissent une interprétation complètement fantaisiste.

Ne quittons pas ce chapitre consacré aux semelles du Vénusien sans nous arrêter un moment sur la partie où Michel Zirger parle de la visite d'Adamski à Rome. Voici ce qu’il écrit en page 98 : "Rappelons qu’en effet le plus célèbre des contactés eut, selon toute vraisemblance, le privilège d’être reçu par sa Sainteté Jean XXIII en audience privée au Vatican." Admirons au passage ce "selon toute vraisemblance" étant donné que j'ai expliqué depuis longtemps pourquoi cette rencontre était impossible et comment Adamski s’y était pris pour y faire croire les naïfs. Mais Michel Zirger n’a que faire de mes démonstrations qu'il connaît pourtant (voir plus loin) ; il leur préfère tout simplement les affirmations du "contacté" puisque, comme il l'a dit (voir ci-dessus), il ne met pas en doute sa sincérité.

C'est ce qui l'amène à tenter de prouver que la médaille exhibée par Adamski constitue bien la preuve de sa rencontre avec le pape. Michel Zirger soutient que cette médaille ne peut pas avoir été l'objet commercial que j’ai identifié parce que les deux objets en question n’ont pas le même diamètre. Or, la médaille commerciale dont j'ai parlé fut frappée en plusieurs diamètres comme les sites Internet spécialisés en numismatique l'indiquent clairement. Par conséquent, l'argumentation de Michel Zirger n'a aucune valeur.

Si Michel Zirger cite les noms des principaux contradicteurs d’Adamski dans son livre, il ne cite cependant jamais le mien. Cependant, parlant de la médaille exhibée par Adamski, il écrit : "Un autre en vint même à sous-entendre sournoisement comme point d’orgue de sa démonstration que la petite-cousine de Carl Gustav Jung, Lou Zinsstag, à l’évidence en collusion avec Adamski, avait pu, pour ne pas dire dû, acheter la médaille à sa place dans une banque suisse quelque temps auparavant" (Page 103). Cet "autre" ne peut être que moi car ces détails ne figurent que dans la dernière version écrite (en langue anglaise) de mes études critiques sur Adamski. Ce qui prouve, évidemment, que Michel Zirger a lu cet ouvrage, lequel est de loin le plus complet de tous ceux que j'ai rédigés sur le sujet. Dès lors, on peut se demander pourquoi il ignore les quantités d'arguments et de preuves qui s’y trouvent et qui démontent chacun des mensonges d’Adamski. Et pourquoi ne même pas citer mon nom ? Est-ce de peur que les lecteurs les plus curieux aient l’idée de comparer les arguments que lui et moi avançons ? Ou est-ce parce qu’il pense qu’en occultant ainsi ma personne il pourra me rejeter dans le néant ainsi que mes écrits comme certains croient pouvoir éviter une catastrophe en faisant un simple signe de croix ? Eh bien moi je demande haut et fort que l’on compare les arguments de Monsieur Zirger et les miens car je ne crains rien d'une telle confrontation. J'ai d'ailleurs personnellement affronté déjà les arguments de Michel Zirger en échangeant avec lui il y a quelques mois de longs mails qui figurent désormais dans les archives de l’AFU, en Suède. N’importe quel chercheur sérieux peut donc aller les consulter et constater comment évolua cette correspondance et pourquoi l'intéressé y mit brutalement fin.

Le premier photographe chevronné venu peut vite se rendre compte que les explications fournies par Michel Zirger au sujet des photos d’Adamski sont pour le moins lacunaires et bancales. Il omet de signaler des choses essentielles (comme les impossibilités techniques liées au télescope et à l'appareil photo qu'utilisait Adamski et que j'ai longuement expliquées) mais s’attarde sur des détails sans conséquence (comme la distinction entre des émulsions sur plaques en verre ou non). Pire : il fournit des explications techniquement inadéquates comme lorsqu’il parle, page 62, de l’écrasement des perspectives dues à un modeste appareil photo qui n’était pas doté d’un objectif à longue focale. Cet ufologue avoue d’ailleurs implicitement son ignorance des techniques photographiques quand, en page 37, à propos des très simples reproductions photographiques qu’il dut faire, il reconnaît : "nous avons suivi les conseils d’Yves Bosson, photographe professionnel..." Qu’il ait eu besoin des conseils d’un professionnel pour réaliser un si simple travail et qu'il indique qu'il le fit à l'aide d'un Canon 350D (qui n’est même pas un appareil de classe semi-professionnelle), montre assez à quel genre de technicien de la photo on a affaire !

Dans un chapitre particulier annexé en fin de l’ouvrage (pages 367 à 374), Michel Zirger tente de répondre aux arguments que j'ai été le seul à mettre en avant pour démontrer que le récit fait par Adamski au sujet de ses quatre photos du 13 décembre 1952 était purement fictif. Sans surprise, là comme partout ailleurs, Zirger ne cite ni mon nom ni mes travaux. Il explique qu’en les plaçant dans un certain ordre, les quatre photos correspondent exactement au récit d’Adamski. Mais il ne réussit cette apparente démonstration qu’en faisant abstraction d'un élément essentiel du récit. Car en effet Adamski fut très précis : il raconta avoir vu arriver la soucoupe dans le lointain et avoir profité de ce qu’elle restait stationnaire pour la photographier. Le sens des termes employés par Adamski ne prête à aucune interprétation : "...it seemed to stop and HOVER MOTIONLESSLY." Adamski prétendit avoir pris ses deux premiers clichés à ce moment-là. Puis, réalisant que l’engin n’apparaissait pas en entier sur ceux-ci, selon ses dires, il aurait fait pivoter son appareil pour prendre un troisième cliché. C’est seulement au moment où il allait réaliser le quatrième de la série que la soucoupe se serait remise en mouvement pour venir vers lui, ce qui aurait créé un flou de bougé sur ce dernier cliché. Compte tenu de ce qu’Adamski expliqua, ses deux premiers clichés devraient montrer la soucoupe pratiquement sous le même angle et parfaitement nette, tandis que le troisième et le quatrième devraient la montrer sous un tout autre angle, le dernier cliché seul étant flou. Si deux des clichés de la série semblent corroborer la fin du récit d’Adamski, il n’en est rien des deux autres, puisqu'ils montrent, l'un et l'autre, l'objet sous deux angles très différents. Si Michel Zirger assure à ses lecteurs que ces deux clichés correspondent parfaitement au récit d'Adamski c'est parce qu'il passe complètement sous silence l'expression "hover motionlessly" qui lui permet de laisser croire que pendant la prise des deux clichés en question la soucoupe oscilla assez fortement pour être vue en conséquence sous des angles d’inclinaison extrêmement différents l’un de l’autre.

Zirger explique ensuite que toutes les tentatives de reconstitution des clichés ont échoué car elles ne montraient pas exactement les mêmes détails au niveau des reflets lumineux à la partie inférieure ou au niveau de la couronne du dôme. Le problème ici, c'est que PERSONNE n’a jamais proposé une telle tentative de reconstitution ! Seul le chercheur américain Joel Carpenter a cherché à montrer les ressemblances STRUCTURELLES frappantes entre l’objet photographié par Adamski et un autre qu’il avait découvert chez un brocanteur. Raison pour laquelle il a photographié cet objet de brocante exactement sous le même angle que celui visible sur un des clichés d’Adamski mais sans la moindre intention de reconstituer ce cliché en tenant compte des éclairages. L’argument de Zirger tombe donc une fois de plus complètement à plat. Et ce n'est pas tout : toujours dans le même chapitre, Zirger soutient qu’à aucun moment Desmond Leslie n’a cherché à faire passer une reproduction astucieusement transformée d’un des trois premiers clichés d’Adamski pour le quatrième resté longtemps non publié. Selon Zirger, la publication de ce faux quatrième cliché par Leslie n'aurait été causée que par un "imbroglio éditorial". Mais qui prendra réellement pour un simple imbroglio la publication d'un cliché qui dut être spécialement fabriqué pour avoir l'air d'être différent d'un autre ?

En plusieurs endroits du livre, Michel Zirger insiste lourdement sur le fait que Williamson réitéra à de nombreuses reprises avoir vu Adamski s’entretenir avec le Vénusien. Il passe cependant à la trappe les témoignages importants d’Irma Baker et de Ray Stanford qui, tous deux et séparément, affirmèrent que dans le privé Williamson admit n’avoir pas réellement vu le Vénusien et qu'il reconnut même que le contact n’avait été probablement que de nature psychique. Ray Stanford a témoigné de la chose sur plusieurs sites internet et le témoignage d’Irma Baker, publié pour la première fois dans le célèbre "Exposé" de James Moseley, figure aujourd’hui encore en bonne place (page 348) dans le livre largement répandu Shockingly close to the Truth que James Moseley et Karl Pflock écrivirent de concert. Ces témoignages ont de surcroît été corroborés par une lettre qu’un des autres témoins, Al Bailey, écrivit à Jerrold Baker et dans laquelle il disait qu’aucun des témoins n'avait pu réellement voir Adamski et son prétendu visiteur, compte tenu des endroits respectifs où les protagonistes du récit se trouvaient (page 339 du livre de Moseley et Pflock). C'est une évidence qui découle d’ailleurs clairement d’une lecture attentive du récit d’Adamski et la reconstitution artificielle des faits que propose aujourd'hui Michel Zirger n'y peut rien changer.

Si Michel Zirger parle beaucoup du premier livre à succès d'Adamski et un peu de la prétendue rencontre privée entre ce dernier et Jean XXIII en évacuant toutes les invraisemblances et incohérences de ces récits, il ne dit rien ou presque d'une foule d'autres choses embarrassantes ayant trait directement à Adamski. Rien au sujet de son second livre qui fut un remake évident d'un roman qu'il avait publié des années auparavant. Rien au sujet de la discordance complète entre sa description du temps qu'il faisait le jour d'un de ses contacts et les relevés météorologiques officiels. Rien au sujet des sottises contenues dans ses récits de voyages sur Vénus et Saturne en compagnie de ses amis extraterrestres. Rien concernant les preuves matérielles qui montrent que les prétendus enseignements philosophiques des frères de l'espace furent également copiés mot pour mot de textes déjà rédigés et diffusés par Adamski bien avant ses contacts prétendus. Rien sur les nombreuses défections de certains de ses plus proches partisans souvent clairement motivées par eux-mêmes. Rien au sujet des démêlées d'Adamski avec le NICAP au sujet d'un prétendu voyage en train et soucoupe volante. Rien enfin au sujet des films dont certains étaient si peu crédibles que sa co-worker belge n'osait même pas les montrer.

Après les chapitres ayant traité du prétendu contact d’Adamski dans le désert, l’ouvrage de Michel Zirger et Maurizio Martinelli aborde enfin les questions relatives à la vie mouvementée de George Hunt Williamson. Même le lecteur le plus inattentif peut alors se rendre compte que Michel Zirger ne propose rien d'autre qu'une sorte de roman historique basé principalement sur ce que Williamson a rapporté dans des documents personnels qui furent mis en vente par un bouquiniste américain bien connu et que Zirger a achetés. Tout au long de ces récits on se trouve plongé dans une ambiance fantastique où les rêveurs en ont vraiment pour leur argent : apparitions d’ovnis là où Williamson se trouvait, phénomènes mystiques ou parapsychologiques divers (dont l’apparitions du fantôme de l’épouse décédée), race de géants extraterrestres visitant la Terre en des temps reculés et aujourd’hui encore, race de cyclopes, bases extraterrestres souterraines dans divers pays etc.

Ayant lu dans une lettre de Williamson que ce dernier revendiquait la paternité de la théorie invoquant l’intervention d’extraterrestres sur Terre dans un lointain passé (page 356), Michel Zirger, en parfait disciple de celui dont il a fait son héros, reprend à son compte cette affirmation. Or, il propose ainsi une vision complètement fausse et réductrice de l’évolution des idées dans ce domaine. En fait, Williamson n’a fait que suivre, en y apportant des nouveautés ici et là, un courant d’idées déjà largement répandu alors chez certains atlantomanes, théosophes ou fortéens. Ces idées avaient déjà été exploitées dans les récits de science-fiction qui foisonnaient dans les "pulps" américains alors que Williamson était encore un tout jeune homme. Je ne citerai qu’un exemple fameux qui influença beaucoup l’ufologie naissante en 1947 : les récits de Richard Shaver auxquels Ray Palmer assura une énorme diffusion.

C’est lorsque l’ouvrage aborde enfin son sujet central, à savoir la vie extraordinaire de Williamson, qu’on voit enfin apparaître des textes signés de Maurizio Martinelli. Et c’est alors qu’on se rend compte que l’ouvrage tout entier n’est qu’un assemblage de textes disparates qui semblent avoir été écrits à des moments différents par deux auteurs qui travaillèrent séparément chacun de leur côté. Il en résulte que chacun d’eux raconte bien souvent les mêmes choses que l'autre en proposant parfois les mêmes citations. Et comme chacun de ces auteurs peut expliquer plusieurs fois les mêmes choses dans plusieurs des chapitres différents qu’il signe, le lecteur finit par avoir l'impression de lire sans arrêt les mêmes choses dans un ouvrage incohérent. Cette impression est encore accentuée par des doublons malheureux. Ainsi, par exemple, la même note figure deux fois à quatre lignes d’intervalles en page 164 et ce sont trois paragraphes entiers, soit vingt-deux lignes qui sont deux fois repris aux pages 57 et 59 !

Depuis quelque temps, Michel Zirger a publié des articles dans diverses revues ufologiques. Il y a parlé autant de lui-même que de ses héros Williamson et Adamski. On a ainsi pu découvrir qu'il se croyait lui-même en quelque sorte contacté parce qu'un jour, dans un café, une jeune femme lui sourit et remua son café juste après qu'il lui eût envoyé la demande télépathique d'agir ainsi pour lui confirmer qu'elle venait bien d'une autre planète...

Je regrette d'avoir à faire de telles mises au point qui, à titre personnel, me font perdre beaucoup de temps. Mais elles sont nécessaires pour aider certaines personnes à faire la part des choses entre la vérité historique et tout ce qui lui est étranger. Peu après la diffusion gratuite de mon étude en langue anglaise sur Adamski, un lecteur de Fortean Times a signalé dans les colonnes de cette revue quaprès avoir vécu de longues années dans la certitude puis seulement l'impression qu'il y avait quelque chose de solide dans les déclarations d'Adamski, il avait désormais la satisfaction, grâce à mon ouvrage, d'avoir pu remplacer ses croyances fantaisistes par la vérité. Un si heureux constat est évidemment bien plus précieux que les flots d'injures que le même ouvrage a déjà inspiré à quelques esprits fanatisés.

L'humain a une tendance naturelle à déformer peu à peu des souvenirs importants ou non. Cela nous arrive à tous. C’est ainsi que le cercle coloré sur la poitrine de l’homme qui parut introduire Adamski au Vatican et dont parlait jadis May Morlet-Flitcroft est devenu dans l’ouvrage dont il est ici question, "un insigne brillant multicolore ressemblant à une étoile" (page 103). Il n’est malheureusement pas possible de savoir qui a ainsi modifié -de manière plus que probablement involontaire- ces détails ; mais il est utile cependant de signaler également la chose.

Marc Hallet - Décembre 2015

 

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