ADAMSKI, LE VATICAN ET UNE MEDAILLE...

 

Le 18 mai 1959, lors de son premier tour du monde, le célèbre contacté américain George Adamski fut reçu par la reine Juliana de Hollande. L'affaire fit un beau scandale, la presse hollandaise accusant la souveraine d'avoir introduit au Palais un "nouveau mage". Dans son livre Flying Saucers Farewell qui parut en 1961, Adamski a essayé de se donner le beau rôle dans cette affaire, agissant comme s'il avait été reçu par des gens convaincus par avance de sa bonne foi. Rien n'est cependant moins sûr...

Lors de son second tour partiel du monde, en 1963, le contacté américain essaya plus que probablement de rééditer son "exploit" en faisant encore mieux en apparence...

C'est ainsi que le vendredi 31 mai 1963, peu avant 11 h du matin, il se retrouva à Rome, place Saint Pierre, avec deux de ses plus fidèles collaboratrices : la suissesse Lou Zinsstag et la belge May Morlet. Selon une technique qui lui avait déjà rendu de grands services lors de son pseudo contact avec un vénusien en novembre 1952, Adamski déclara avoir repéré un homme qui l'attendait, demanda à ces deux femmes de l'attendre là où elles étaient et s'éloigna rapidement d'elles en se mêlant à la foule des touristes pour disparaître finalement derrière une colonne du grand édifice semi-circulaire, près d'une porte à côté de laquelle se tenait effectivement quelqu'un. Une demie-heure plus tard, Adamski rejoignit ses deux compagnes, tout joyeux, en leur expliquant qu'il venait d'être reçu en audience privée par le pape Jean XXIII qui n'était pas si malade qu'on le disait puisqu'il avait les joues roses.

Après avoir été manger dans un restaurant, le trio regagna son hôtel et les deux dames montèrent se reposer. Vers 17h 30, May Morlet rejoignit Adamski, resté en bas et celui-ci lui affirma qu'un haut dignitaire du Vatican l'avait rejoint là durant l'après-midi. Ménageant le suspense, il n'en dit cependant pas davantage. Le lendemain, cependant, il sortit de sa poche un étuis en matière plastique qui contenait une magnifique médaille et affirma que c'était cet objet que ce haut personnage était venu lui remettre de la part du pape. Aussitôt, Lou Zinsstag qui était fille de bijoutier déclara que la médaille était d'or pur et devait avoir 18, sinon 22 carats.

C'est au départ de ce récit, fait par ces deux dames et repris ensuite par d'autres, dont Desmond Leslie, que les proches d'Adamski se basèrent pour déclarer qu'Adamski avait été reçu au Vatican par Jean XXIII et décoré par lui.

C'est le lundi suivant, alors que le contacté californien s'envolait pour Londres et que May Morlet reprenait le train pour Anvers, que Jean XXIII décéda au terme d'une longue agonie, infligeant ainsi, dès ce moment même, un premier démenti à ce qu'Adamski avait raconté.

J'ai démontré, depuis lors, en plusieurs endroits et pour la dernière fois en date dans mon livre Le Cas Adamski (paru à Paris en 2010), que tous les détails du récit de la visite dans les appartements privés du pape étaient historiquement ou géographiquement faux et que la médaille exhibée par Adamski n'était en aucun cas une "décoration" décernée par le Vatican et n'avait pas davantage été frappée par cet Etat. Il s'agissait en fait d'une médaille frappée par une firme privée et vendue dans le commerce que jamais le Vatican n'aurait utilisée pour honorer ou récompenser qui que ce soit.

Dans Le Cas Adamski, j'ai indiqué le site internet spécialisé où l'on peut vérifier la chose. Cependant, ce site ne laisse accéder à ses archives que moyennant paiement, ce qui peut constituer une etrave à nombre de chercheurs pressés ou désargentés. Je vais donc fournir ici un autre moyen de vérifier aisément mes affirmations. Il suffit de télécharger gratuitement sur internet le catalogue d'une vente publique qui se déroula en Illinois le 24 avril 2008, catalogue dont voici la couverture :

 

A l'intérieur de celui-ci, en page 146, parmi d'autres d'une même série, on trouve une médaille rigoureusement identique à celle qu'Adamski exhiba comme ayant été reçue par lui d'un haut dignitaire du Vatican :

 

 

Mais je vais à présent produire un nouveau document, bien plus éclairant encore me semble-t-il. Il s'agit d'un encart publicitaire qui fut inséré dans le quotidien suisse L'Impartial du samedi 2 mars 1963. Cet encart démontre que la médaille en question, produite par la firme Numismatica Ticinese, était alors mise en vente dans certaines banques suisses et qu'elle pouvait donc être aisément achetée par Lou Zinsstag bien avant le voyage qu'elle fit à Rome avec Adamski. A chacun d'en tirer ses conclusions...

Marc HALLET - Liège, 6 avril 2014

 

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