DESMOND LESLIE SAVAIT !

 

On sait désormais, grâce aux travaux de Joel Carpenter et du chercheur anonyme qui s'est fait appeler "Strato" sur le forum ufologique "nousnesommespasseuls", que la partie centrale de la maquette qui servit à réaliser les fameuses photos de soucoupe volante d'Adamski fut empruntée à une lampe à pression Sears-Coleman des années 1930.

Même si Adamski ne fut pas personnellement l'auteur de ces photos (voir les pages 64-65 de mon livre Le Cas Adamski publié à Paris aux Editions de l'Oeil du Sphinx en 2010), on peut raisonnablement penser qu'il fut le génial créateur du petit modèle qui servit à les réaliser. On peut de même soupçonner Alice K. Wells, sa fidèle collaboratrice, d'avoir été au courant. A l'inverse, on peut imaginer que les autres protagonistes du contact dans le désert, tout enfiévrés qu'ils étaient par les beaux discours que leur servit Adamski, ne soupçonnèrent pas cette fraude.

Mais quelqu'un d'autre était-il au courant ?

Aussi étonnant que cela puisse paraître, je vais démontrer que c'était le cas de Desmond Leslie...

Le 15 février 1954, un gamin de 13 ans, Stephen Darbishire, et son cousin Adrien Myer (8 ans), qui demeuraient à Coniston, dans le Lancashire, revinrent très excités d'une balade dans la campagne en disant qu'ils avaient vu et photographié une soucoupe volante. Peu de temps après, bien que cela soit moins connu, le jeune Stephen prétendit avoir vu un autre engin volant qui avait cette fois la forme d'un cigare. A l'époque, le gamin prétendit n'avoir jamais entendu parler jusque-là de soucoupes et de cigares volants, mais il fut établi plus tard qu'il n'avait pu ignorer les clichés d'engins de ce type qu'avait diffusés Adamski et qui avaient été reproduits dans la presse anglaise. Plus tard, l'ingénieur anglais Leonard Cramp prétendit démontrer, au moyen de projections orthogonales, que la soucoupe photographiée à Coninston était en tous points rigoureusement semblable dans ses formes et ses proportions à la soucoupe photographiée par Adamski en décembre 1953, ce qui semblait démontrer du même coup la véracité des clichés de Stephen et d'Adamski.

Desmond Leslie, co-auteur avec Adamski du livre dans lequel le contact du désert avait été raconté, rencontra Stephen Darbishire puis s'envola vers les Etats-Unis où il passa plusieurs mois en compagnie d'Adamski et ses proches. Revenu en Angleterre, il reprit certainement assez rapidement contact avec Stephen et il semble qu'en dépit de leur grande différence d'âge ils développèrent alors une amitié qui se conserva jusqu'au décès de Desmond Leslie survenu en février 2001. En 1959, lors du passage d'Adamski à Londres, Leslie fit se rencontrer le contacté américain et Stephen qui était alors un brillant étudiant dans une école d'art. Stephen a raconté plus tard qu'il n'avait pas du tout été impressionné par Adamski. Bien au contraire, il avait eu l'impression que le vieil américain était complètement fou. Le choc psychologique qui résulta de cette rencontre amena Stephen à se rendre compte qu'il n'avait vraiment plus rien à faire dans le milieu des ufologues et des ufomanes. C'est ainsi que germa dans son esprit l'idée de couper définitivement les ponts avec les ufologues et l'ufologie en avouant que ses clichés étaient des faux. Mais cet aveu ne fut pas pris au sérieux par les ufologues qui affirmèrent qu'il avait cédé à des pressions. Dans une lettre qu'il écrivit en 1989 à Timothy Good, Stephen Darbishire, devenu un artiste-peintre renommé, avoua son désespoir de n'être pas cru et d'être toujours cité comme ayant été le témoin d'une apparition de soucoupe volante. Il souffrait également d'avoir vu la vie de ses parents changer du tout au tout à cause de sa plaisanterie. Son père qui était médecin, avait rencontré tant de gens épris de mystères de toutes sortes qu'il avait commencé à s'intéresser de plus en plus à ceux-ci ainsi qu'au monde de l'occulte. En conséquence, il avait fini par construire des machines grâce auxquelles il pensait pouvoir soigner des gens en agissant sur leur aura par le moyen de lumières tournoyantes. La mère de Stephen, elle aussi, avait sombré dans une forme négative de spiritualité. En conséquence de tout cela, Stephen Darbishire accepta de moins en moins de bonne grâce de parler de sa fameuse expérience, y compris avec des chercheurs sceptiques comme David Clarke et Andy Roberts qui n'en obtinrent pas vraiment des précisions définitives. En 2001, quand ces derniers demandèrent à Stephen ce que ses deux photos montraient vraiment, il leur répondit, de façon ambigüe, "un objet". Quant à Adrien Myer, son cousin, sur lequel les feux de l'actualité s'étaient peu braqués, il leur dit qu'il ne s'était jamais vraiment senti concerné par cette affaire.

L'énigme reste donc entière : qu'a donc photographié Stephen Darbishire ? On peut supposer que ses talents artistiques, déjà très développés à l'époque, lui permirent peut-être d'assembler à la fois des objets et un dessin qui formèrent la soucoupe et son décor. Peut-être la petitesse de ces objets qui aurait exigé une mise au point très rapprochée, explique-t-elle le flou des deux photographies.

Il a été dit plus haut que Desmond Leslie garda le contact avec Stephen Darbishire. De fait, peu de temps avant de décéder, Leslie envoya un fax à son ami Stephen, fax dont voici un extrait : "Cher Stephen, comme il est plaisant d'avoir à nouveau de tes nouvelles. Tu sais, c'est extraordinaire, mais il y a encore des gens qui prennent des photos de ces vieilles soucoupes... où peuvent-ils donc bien encore trouver ces abat-jours de lampes des années 1930 ; je pensais qu'on n'en produisait plus."

Voilà la preuve que Leslie savait que les photos d'Adamski étaient truquées et avec quoi elles l'avaient été ! Sans doute le savait-il depuis très longtemps sinon toujours. Et du fait qu'il en parlait ainsi ouvertement avec Stephen Darbirhire on doit conclure que ce dernier savait lui aussi. Depuis quand ? Peut-être depuis le retour de Leslie de son voyage aux USA ?

Une biographie de Desmond Leslie (The biography of an irish gentleman) signée Robert O'Byrne parut à Dublin, chez Lilliput Press, en 2010. Grâce à ce livre, on sait désormais que la vie de Desmond Leslie fut une épopée romanesque tout-à-fait hors du commun. Mais on sait aussi qu'à la manière de Charles Fort ou de Ray Palmer, il oscillait sans cesse entre le vrai et le faux, la vérité et la plaisanterie. Sans doute, quand il comprit qu'Adamski était un roublard, ne s'en offusqua-t-il pas vraiment. Peut-être même s'en amusa-t-il beaucoup avec le principal intéressé et décida-t-il de poursuivre plus avant la plaisanterie. Une plaisanterie dont il semble s'être amusé jusqu'à la fin de ses jours...

Marc HALLET - Mai 2013

 

REFERENCES :

- Mails personnels échangés entre l'auteur et MM. Joël Carpenter et François Beaulieu

- Clarke (D) & Roberts (A) : UFO hoaxing - Stephen Darbirshire and Alex Birch (disponible sur plusieurs sites internet dont celui de Magonia)

 

RETOUR A LA LISTE DES ARTICLES