DES TEMOIGNAGES A PROFUSION...

 

Un grand nombre d'auteurs, dont le célèbre Aimé Michel, ont puisé dans des livres pieux des quantités de témoignages relatifs à des prodiges extraordinaires. Le choix de ces livres pieux n'est pas anodin. Qui oserait en effet mettre en doute, de prime abord, des livres écrits par des personnages aussi crédibles ou considérables que des prêtres, des religieuses ou même des évêques ? Et pourtant...

Il existe un monumental ouvrage qui fut rédigé par Mgr Guérin, camérier de Léon XIII, et qui traite de la vie des saints, des reliques et des pélerinages en accord avec les travaux des très réputés bollandistes. Cet ouvrage, dont je possède la septième édition de 1880, totalise plus de onze mille pages distribuées en dix-sept gros volumes. Ce livre connut jadis un succès considérable et servit à l'édification d'une foule de gens avides de s'instruire des signes merveilleux par lesquels la puissance de Dieu et la vérité catholique se manifestaient aux yeux des simples mortels.

 

En parcourant ce gigantesque ouvrage, on y découvre de grands miracles attribués avec force certitude à bien des saints et des saintes dont l'existence même a pourtant été contestée. Ce qui donne, déjà, une idée de la valeur historique de l'ensemble ! Mais passons...

Le plus surprenant peut-être c'est qu'on trouve dans ce ramassis d'anecdotes et de faits prétendument constatés par des témoins parfaitement crédibles, des miracles aussi extraordinaires que ceux qui furent attribués au fils de Dieu lui-même. C'est ainsi que nombre de saints et de saintes ont pu réaliser la multiplication des vivres : pains, huile, farine etc. Rien que dans le tome III de l'ouvrage, on découvre un saint qui marchait sur les eaux et un autre qui, de sa barque, apaisa une tempête. Non seulement beaucoup de saints opérèrent les mêmes guérisons que Jésus, mais un certain nombre ressuscitèrent également des morts ! Le plus spectaculaire de ces cas, conté en page 228 du tome IV, concerna un enfant qui, après avoir été coupé en morceaux et roti fut ressuscité par saint Vincent Ferrier en plein quatorzième siècle. Mgr Guérin signale encore qu'une sainte, à l'état de cadavre, interpella une jeune fille et qu'un autre saint, bel et bien mort, se releva de sa couche pour bouger les mains et retourner ensuite au royaume des morts.

Alors que Jésus ploya, disent les Evangiles, sous le poids de sa croix, des saints, nous raconte Mgr Guérin, avaient le pouvoir de rendre les choses aussi légères qu'ils le voulaient et pouvaient eux-mêmes se rendre si légers qu'ils parvenaient à se soulever du sol comme de véritables mongolfières. Des gens très instruits et réputés sérieux nomment ce prodige la "lévitation" et ils y croient, ce qui est encore un véritable prodige ! Les mêmes ou d'autres croient également à la bilocation, c'est-à-dire au pouvoir qu'auraient certains individus de se trouver en deux endroits différents en même temps. On l'a dit du célèbre stigmatisé contemporain Padre Pio à propos duquel on a dit tant de choses qu'il est devenu impossible de savoir à présent avec certitude si oui ou non il chercha bien souvent à mettre les mains sous les jupes des femmes qui venaient se confesser à lui...

Mais revenons à l 'ouvrage de Mgr Guérin contient encore bien d'autres prodiges extravagants. Ainsi est-il question d'un saint auquel il poussa des ailes et qui se serait envolé grâce à elles devant une multitude de témoins. Autant de témoignages prouvent évidemment ce "fait".

Le même ouvrage parle également beaucoup des anges dont certains descendirent du ciel pour en apporter des lettres. Dans un autre style, un ange acheva, avec des lettres d'or, la lettre qu'un saint avait laissée inachevée. Un autre ange, encore, apporta un jour une main à un manchot et celle-ci devint une relique précieuse à la mort de son heureux nouveau propriétaire.

Même les animaux ont réalisé des prodiges. Ainsi, pour ne parler que des ânes, Mgr Guérin en signala un qui fit un signe de croix et un autre qui ôta lui-même les fers qu'on venait de lui placer.

A propos de saint François Ferrier, Mgr Guérin déclarait, en page 227 du Tome IV de son ouvrage, que cet homme fit chaque jour tant de miracles évidents aux yeux de tous que le plus miraculeux aurait été qu'il aurait pu passer une journée sans en accomplir un seul. C'est là, on doit le reconnaître, une intéressante démonstration scientifique.

Si l'ouvrage de Mgr Guérin fait rire aujourd'hui, à quel point feront rire dans un siècle ou deux tous les livres contemporains qui nous racontent eux aussi des choses parfaitement extravagantes que seuls des naïfs peuvent croire en regrettant que la science ne se penche pas sur elles...

 

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